Après trois ans de travail, notre collègue Léa Pautrel a soutenu la semaine dernière sa thèse de doctorat en écologie de l’Université de Montpellier, dont elle a mené les travaux chez TerrOïko en partenariat avec le Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive (CEFE)
Vous voulez voir ou revoir sa soutenance ? Ça se passe ici https://lnkd.in/dVAAb2XF.
Les travaux de recherche de Léa ont porté sur l’usage des modèles hiérarchiques en temps continu pour le suivi de la biodiversité avec des capteurs. On vous résume tout ça.
Le constat de départ, c’est qu’on utilise de plus en plus de capteurs, notamment des pièges photos, pour collecter des données sur les espèces, ce qui permet ensuite d’analyser par exemple leur présence et leur abondance.
Pour traiter ces données, il faut utiliser des modèles statistiques qu’on appelle "hiérarchiques", qui permettent de prendre en compte le fait que la détection des animaux sur un territoire donné (par un capteur comme par un humain) est imparfaite.
A l’origine, ces modèles ont été conçus pour analyser des données collectées de manière ponctuelle, généralement par des opérateurs humains qui se déplacent de temps en temps sur le terrain.
Mais de nouveaux modèles ont fait leur apparition plus récemment et sont destinés au traitement de données recueillies en temps continu, ce qui est le cas des données de capteurs.
Est-ce que ces nouveaux modèles améliorent le suivi de la biodiversité ?
Pour répondre à la question, Léa a testé les "performances" de cinq modèles (deux "anciens" et trois "nouveaux") : elle leur a soumis les mêmes données d'entrée et a comparé les résultats d’analyse obtenus pour savoir si les plus récents (ceux conçus pour les données en temps continu) faisaient mieux que les autres.
Puis elle s’est intéressée à l’influence des covariables de détection, c’est-à-dire les facteurs susceptibles d’influencer les résultats de détection d’une espèce (par exemple les conditions météo). Elle a intégré ces covariables dans les analyses, et a comparé à nouveau les modèles.
Verdict de ces travaux ? On vous laisse le découvrir en regardant la soutenance .
Ce qui est sûr, c’est qu’au-delà de la seule réponse à la question de départ, cette thèse a aussi permis de réfléchir à l’évolution de l’écologie statistique face aux avancées technologiques, et en particulier à l’accessibilité opérationnelle de ces méthodes.
Le sujet est central car l’usage de capteurs permet aujourd’hui d’envisager des chaînes de traitement automatisées transférables vers des secteurs industriels qui, jusqu’alors, utilisaient peu la modélisation écologique, via des outils comme les jumeaux numériques.