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Outils numériques ou inventaires de terrain ?

Image de cloture

En réalité, dans la plupart de nos travaux, les données de terrain et les résultats de modélisation ou d’analyse automatisée se retrouvent souvent étroitement combinés.

Il y a d’ailleurs un projet de recherche sur lequel on travaille actuellement qui en est l’illustration parfaite.

Débuté en 2024 et baptisé Polymor-FENCE, il vise à développer des outils et méthodes pour analyser et anticiper les impacts des clôtures sur les espèces animales et leurs déplacements.

L’un des premiers volets du projet a porté, jusqu’au printemps dernier, sur la détection automatique des clôtures à partir d’images aériennes, en s’appuyant sur des modèles d’IA. L’objectif était de pouvoir cartographier leur présence à l’échelle de vastes territoires, ce qu’il n’est raisonnablement pas possible de faire en allant sur le terrain.

Sauf que, pour localiser précisément certaines clôtures et surtout déterminer leur typologie, le recensement sur place est incontournable. Nature des matériaux, hauteur, caractéristiques de maillage, dispositif d’ancrage au sol : tous ces paramètres sont à prendre en compte pour correctement analyser les impacts d’une barrière ou d’un grillage sur les espèces, et doivent donc être répertoriés précisément.

Depuis cet été, et pour quelques semaines encore, on sillonne donc les routes et chemins de plusieurs zones de France et on répertorie et photographie les différentes clôtures qu’on trouve, en particulier celles entourant les parcs et centrales photovoltaïques (qui sont au coeur du projet Polymor-FENCE).

Ce travail de terrain, piloté par Gendron Lucie, est centré sur quelques dizaines de secteurs qui ont été préalablement identifiés comme étant à fort enjeu de conservation et où la présence de clôtures est susceptible d’engendrer des effets négatifs significatifs.

A quoi vont servir ensuite ces données ? On va les utiliser notamment pour le travail de modélisation des impacts des clôtures. L’objectif de cette phase est de simuler divers scénarios, avec tel ou tel type de clôture par exemple, et d’en comparer les effets attendus sur les continuités écologiques.

La preuve qu’entre le recours aux technologies numériques et la collecte de données sur le terrain, il ne faut pas (forcément) choisir.

 

 mc-chamayou